Facturation électronique : 7 points à vérifier avant le 1er septembre 2026
Réception, informations d'entreprise, fiches clients, nouvelles mentions : les vérifications à faire avant l'échéance, et les erreurs coûteuses.
L'obligation de recevoir des factures électroniques entre en vigueur le 1er septembre 2026. Voici les sept points à vérifier avant cette date — et les erreurs qui coûtent le plus cher.
En brefL'échéance du 1er septembre 2026 porte sur la réception, pas sur l'émission.Elle concerne toutes les entreprises, y compris en franchise de TVA.La vérification la plus urgente : vos informations d'entreprise, qui servent à vous joindre.L'émission attendra le 1er septembre 2027 pour les micro, petites et moyennes entreprises.
1. Vérifier que vous pouvez recevoir
C'est le seul point réellement bloquant à cette date. À partir du 1er septembre, vos fournisseurs — grossiste, assureur, loueur de matériel, prestataires — pourront vous adresser leurs factures par le canal électronique.
Sans point de réception, ces factures ne vous parviendront pas. Vous ne serez pas en faute pour un défaut d'émission, mais vous perdrez la trace de vos achats, avec les conséquences que cela suppose sur votre suivi et vos justificatifs.
À faire : demander à votre éditeur s'il est raccordé à une plateforme agréée. Si vous n'avez pas de logiciel, c'est le moment de vous équiper.
2. Contrôler vos informations d'entreprise
C'est le point le plus négligé, et pourtant le plus déterminant. L'annuaire de la facturation électronique s'appuie sur vos données pour acheminer les factures vers vous.
À vérifier : votre SIREN, l'exactitude de votre adresse, votre régime de TVA, et la cohérence entre ce que vous déclarez et ce qui figure dans les registres officiels.
Une adresse périmée après un déménagement, un régime de TVA non mis à jour après un changement : ces écarts, sans importance jusqu'ici, deviennent des causes d'échec d'acheminement.
3. Mettre à jour vos fiches clients
La nature de votre client détermine le circuit applicable : facturation électronique pour un professionnel établi en France, transmission de données pour un particulier ou un client étranger.
À faire : distinguer clairement professionnels et particuliers dans votre fichier, et renseigner le numéro SIREN de vos clients professionnels. Sans lui, votre logiciel ne saura pas où adresser la facture le moment venu.
Notre article sur la facturation aux particuliers détaille la différence entre les deux circuits.
4. Anticiper les quatre nouvelles mentions
À compter du 1er septembre 2026, quatre mentions s'ajoutent aux mentions obligatoires : le SIREN du client assujetti, la catégorie de l'opération (biens, services, ou les deux), l'option de paiement de la TVA sur les débits le cas échéant, et l'adresse de livraison si elle diffère de l'adresse de facturation.
Si vos factures sont produites par un logiciel, ces mentions apparaîtront automatiquement. Si vous utilisez un modèle personnel, il faudra le reprendre. La liste complète figure dans notre article sur les mentions obligatoires d'une facture.
5. Abandonner le traitement de texte
Word, Excel et les modèles PDF ne produisent pas de format structuré et ne se raccordent à aucune plateforme. Ils ne permettront pas de répondre à l'obligation d'émission qui vous concernera en 2027.
Vous avez donc un an devant vous — mais rien n'oblige à attendre le dernier moment, d'autant que la réception, elle, est immédiate. Notre article sur le choix d'un logiciel détaille les critères.
6. Vérifier votre numérotation
La réforme n'invente pas cette obligation, mais elle la rend plus visible : la numérotation des factures doit être continue, chronologique, sans trou ni doublon.
Si vous changez d'outil, reprenez votre séquence là où elle s'est arrêtée. Un logiciel correctement conçu vous demandera votre dernier numéro utilisé au moment de la configuration.
7. Ne pas confondre les deux échéances
C'est la source de la moitié des inquiétudes. Récapitulons.
| Date | Qui | Obligation |
|---|---|---|
| 1er septembre 2026 | Toutes les entreprises | Recevoir |
| 1er septembre 2026 | Grandes entreprises et ETI | Émettre |
| 1er septembre 2027 | Micro, petites et moyennes entreprises | Émettre |
Autrement dit : en septembre 2026, vous devez pouvoir recevoir. Vous continuez à émettre vos factures comme aujourd'hui pendant encore un an.
Ce que vous n'avez pas à faire
Autant lever quelques inquiétudes inutiles, car la réforme génère beaucoup de démarchage commercial anxiogène.
Vous n'avez pas à créer de compte sur une plateforme. Si votre logiciel est raccordé, le raccordement vaut pour vous. Une offre qui vous propose un abonnement séparé « pour être conforme » mérite examen.
Vous n'avez pas à choisir un format. Factur-X ou un autre, c'est l'affaire de votre outil et de la plateforme.
Vous n'avez pas à prévenir vos clients. L'acheminement se fait par l'annuaire, à partir de votre SIREN. Vos clients professionnels n'ont aucune démarche à effectuer auprès de vous.
Vous n'avez pas à réémettre vos anciennes factures. Celles émises avant l'entrée en vigueur restent valables dans leur forme d'origine. Conservez-les simplement comme vous le faites déjà.
Et les factures papier ?
Une question revient souvent chez les artisans et les commerçants : que deviennent les factures fournisseurs reçues sur papier, dans la boîte aux lettres ?
Pour les transactions entre entreprises établies en France, elles ont vocation à disparaître au profit du circuit électronique. En pratique, la transition ne sera pas instantanée : vous continuerez sans doute à recevoir des documents papier de certains fournisseurs pendant un temps.
Le vrai changement est ailleurs : ce que vous receviez auparavant en vrac — papier, PDF par courriel, pièce jointe oubliée dans une conversation — arrivera désormais au même endroit, classé et exploitable. C'est le principal bénéfice concret de la réforme pour une petite structure.
Les trois erreurs les plus coûteuses
Croire qu'on est dispensé parce qu'on est en franchise de TVA. La franchise dispense de facturer la TVA, pas de la facturation électronique. Vous restez assujetti, donc concerné.
Croire qu'un PDF suffit. Envoyer une facture par courriel n'est pas émettre une facture électronique au sens de la réforme. Le format et le canal de transmission comptent autant que le contenu.
Attendre 2027. L'échéance de 2027 concerne l'émission. Celle de la réception, c'est maintenant — et c'est celle qui vous fera manquer des factures fournisseurs si vous n'y êtes pas préparé.
Questions fréquentes
Que dois-je faire avant le 1er septembre 2026 ?
Être en mesure de recevoir des factures électroniques, vérifier l'exactitude de vos informations d'entreprise (SIREN, adresse, régime de TVA) et compléter vos fiches clients avec le SIREN de vos clients professionnels.
Dois-je déjà émettre mes factures au format électronique ?
Non. Pour les micro, petites et moyennes entreprises, l'obligation d'émettre s'applique au plus tard le 1er septembre 2027. Seule la réception est requise en 2026.
Que se passe-t-il si mes informations sont erronées ?
L'acheminement s'appuie sur l'annuaire : un SIREN inexact ou des coordonnées périmées peuvent empêcher une facture fournisseur de vous parvenir.
Suis-je concerné si je suis en franchise de TVA ?
Oui. La franchise en base dispense de facturer la TVA, mais l'entreprise reste assujettie et entre donc dans le champ de la réforme.
Faut-il changer de logiciel dès maintenant ?
Si votre logiciel actuel n'est pas raccordé à une plateforme agréée, ou si vous facturez sous traitement de texte, mieux vaut anticiper : la réception est déjà due, et l'émission suivra un an plus tard.
Sources
- impots.gouv.fr — À partir de quand suis-je concerné ?
- economie.gouv.fr — Tout savoir sur la facturation électronique
Informations vérifiées le 22 août 2026.